Δευτέρα 11 Ιουνίου 2012

7 Questions au Olivier Descotes, Directeur de l’Institut français de Grèce



7 Questions au Olivier Descotes, Directeur de l’Institut français de Grèce
Olivier Descotes, Directeur de l’Institut français de Grèce, ne craint pas les crises et les disputes. Il est certain que la culture peut surmonter les conflits et les polémiques, car elle fonctionne comme un pont permettant aux gens de communiquer entre eux. C’est la raison pour laquelle Olivier Descotes fixe des objectifs à long terme. Il a lancé l’an dernier le programme culturel de l’Institut français jusqu’en 2014. Grâce à ce programme triennal qui s’étend sur toute la Grèce, les deux alliés traditionnels, la Grèce et la France, deviennent encore plus proches.
Au moment où le slogan «Grèce, France, alliance» est de retour chez les Grecs, Olivier Descotes répond aux 7 questions de Dimitri Machairidis pour tsantiri.gr(Διαβάστε εδώ την συνέντευξη στα ελληνικά)

- Vous venez de lancer en Grèce une programmation triennale (2011-2014) de projets culturels. Quel rôle imaginez-vous pour l’Institut français de Grèce dans la vie culturelle d’Athènes ?
La conjoncture ne doit pas influer, dans la mesure du possible, sur le rôle de l’Institut français de Grèce à Athènes. L’Institut français comme l’Ambassade de France en Grèce ont toujours été associés à un esprit de solidarité envers le peuple grec et à chaque situation complexe de l’histoire du pays, comme pendant le temps d’Octave Merlier, qui fut Directeur de l’IFG, et organisa le voyage à Paris d’un groupe d’intellectuels grecs en les embarquant sur le bateau Mataroa.
Il serait bien sûr exagéré de prétendre qu’aujourd’hui la France va aider la Grèce par le biais de l’IFG à remonter cette crise. Cependant, nous aspirons à offrir notre contribution à travers une série de thématiques culturelles, politiques et économiques. Nous souhaitons être présents à travers un dialogue. C’est pour cela que nous organisons des tables rondes à l’intérieur comme à l’extérieur des les murs de l’Institut, mais aussi dans toute la périphérie ; en parallèle, nous avons l’intention de mettre également en place un dialogue avec les universités et les thinks tanks. Nous souhaitons mettre en place des débats portant sur la relation entre la politique et la société, l’économie, etc.
Les projets à venir sont nombreux, en théâtre, philosophie, avec le souci de développer les échanges entre la France et les jeunes créateurs et auteurs grecs.
Le rôle de l’Institut français reste ainsi un rôle moteur dans le domaine culturel à Athènes.
- Crise économique d’aujourd’hui : est-ce que la culture peut jouer un rôle fondamental dans la crise ?
Je considère que sacrifier la culture, quand on voit les bénéfices que celle-ci engendre, constitue une erreur stratégique ; elle peut jouer un rôle fondamental dans la crise. Il en est de même si un pays n’investit pas dans l’éducation, la formation supérieure, la recherche, tous les domaines a travers lesquels émane le futur. Ces 5 dernières années, depuis 2007, la subvention de la France pour la culture a augmenté de 20%, parce que le gouvernement français a choisi d’investir dans ce domaine pour renforcer l’attractivité de sa capitale. Je sais qu’en Grèce, plusieurs de projets sont en développement dans ce sens et malgré la crise, comme celui de l’Opéra qui devrait se construire à Phaliro ou encore la nouvelle bibliothèque nationale.
- Depuis les années 80 il y a progressivement une diminution de l’influence de la culture française en Grèce : est-ce que la culture française a elle-même perdu son dynamisme d’influence ou bien ce sont les Grecs qui ont plutôt adopté une culture tendant vers la culture anglo-saxonne ?
Les Grecs sont bien sûr influencés par la culture anglo-saxonne en raison de la diaspora grecque importante disséminée en Australie, aux Etat-Unis, etc. Mais je ne suis pas sûr qu’il y ait une diminution de l’influence de la culture française en Grèce, elle présente plutôt d’autres formes qu’il y a trente ans par ex.
Le cinéma français est très présent en Grèce, de nombreux éditeurs grecs sont fidèles aux auteurs français, penseurs ou romanciers, et les grands organismes de la culture, le Mégaro Mousikis ou le Foyer des Arts et Lettres Onassis, présentent fréquemment des productions ou des conférenciers français. L’influence de la culture française prend également la forme des artistes et intellectuels grecs qui vivent ou travaillent entièrement ou partiellement en France (chorégraphes, peintres, professeurs d’université). Il en est de même pour l’apprentissage du français, qui ne faiblit pas au niveau de la deuxième langue (par ex. 73% des parents en Attique ont choisit le français à l’école primaire).
- Des amis arrivent à Athènes : en dehors des endroits classiques (Acropole, Plaka, etc) quels sont ceux qui reflètent les aspects modernes de la ville où vous les amenez ?
Pour moi avant tout ce sont les beaux édifices récents qui oeuvrent pour la culture : le Mégaro avec son jardin, le Foyer des Arts et Lettres Onassis. Ils reflètent la volonté d’une capitale moderne. Ensuite, ce serait une partie d’Exarchia avec la multitude de cafés et de restaurants sympathiques et plus ou moins branchés, fréquentés par les étudiants et qui conserve, malgré la dégradation de certaines habitations, une atmosphère estudiantine et vivante.
- Vous êtes le maire d’Athènes : quelles mesures prenez-vous pour la rénovation du centre-ville ?
Athènes a le privilège de recéler de vestiges antiques qui devraient être davantage mis en valeur par l’augmentation des zones piétonnes et les espaces verts. Ce qui manque le plus dans cette capitale, ce sont les jardins et parcs pour se détendre, et permettre l’accession du grand public à la culture grâce à la sculpture, des animations, etc, dans ces espaces verts.
- 13ème festival du Film francophone en Grèce : est-ce que le cinéma devient plutôt européen ou chaque pays européen continue-t’il avec sa production nationale ?
la situation est paradoxale : les films européens, comme partout ailleurs dans le monde, ont récemment conquis des parts de marché sur leurs territoires respectifs. Des spectateurs qui boudaient leur cinéma national sont maintenant très friands de films locaux.
A quelques exceptions près (dont la Grèce), le cinéma européen est un cinéma assis sur un public national. En conséquence, un film européen doit s’adresser en priorité à son public avant d’envisager une carrière internationale. L’identité, la facture et la production des films européens est donc marquée par cette préoccupation pour le marché domestique.
Mais ce tropisme national n’est pas du tout incompatible avec un succès à l’international, bien au contraire.
Nous avons l’expérience de ces coproductions européennes écrites pour un public international avec un casting polyglotte et cosmopolite. Le «public international» n’existe pas. Vouloir s’adresser à lui est un leurre et ces films, à l’identité diluée sous une accumulation de contraintes financières et culturelles ont tous été des échecs. On les appelait des «Euro-puddings» dans les années 90. Le cinéma européen à beaucoup progressé depuis cette époque.
L’identité des films doit aujourd’hui être bien assise pour que le public se sente concerné, rassuré et désireux de passer 90 minutes dans une salle obscure.
A contrario, en ce qui concerne la production, les mécanismes et les guichets européens et nationaux se conjuguent pour permettre le financement d’un nombre croissant de films à l’international. Le cinéma français, à titre d’exemple, a produit 270 films en 2011 dont 120 coproductions internationales. Ces films ont été coproduits avec 38 pays différents. Nous dépassons donc largement le cadre de l’Europe.
Le cinéma est donc une affaire de financement international pour des publics nationaux.
- Littérature ou poésie grecque : laquelle préférez-vous et pourquoi ?
Arrivé très récemment en Grèce, je ne suis pas en mesure de connaître un large éventail de la littérature grecque, même si en France Vassilis Alexakis par exemple, est largement connu du public. Par goût, je suis enclin à lire beaucoup de poésie, française, italienne et même grecque, traduite en français, mes connaissances de la langue ne me permettant pas de lire la poésie dans le texte. Avant même de venir à Athènes, je connaissais les œuvres de plusieurs poètes du XXe s. comme Elytis, Séféris et Ritsos. A titre personnel, je peux ainsi affirmer que ma préférence se porte sur la poésie grecque, l’essence même du logos, et la Grèce demeure pour moi la patrie de la poésie.

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